CQFD 2049
Bienvenu sur CQFD 2049 ! Un forum d'entraide et d’échange sur le storyboard, le cinéma, la narration, le dessin et toutes formes d'Arts en général, gratuit et ouvert a toute personne voulant se professionnaliser ou étant pro.

Nous essayons d'aider au mieux les gens, ce gratuitement. Nous sommes humbles mais voulons rester exigeant et lucide dans notre travail et voulons pousser les gens qui le souhaitent, dans cette même direction, dans le respect de leur personne bien sur. Merci de ne pas vous méprendre sur notre démarche.

Un maximum de sections sont accessibles sans inscription, en espérant que ça serve a plein de gens :)


Storytelling, Cinema, Dessin et Arts Narratifs
 
AccueilAccueil  PortailPortail  ÉvènementsÉvènements  PublicationsPublications  FAQFAQ  RechercherRechercher  Rechercher via GoogleRechercher via Google  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Frank Capra

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Anne_Laure
Framboisier
Framboisier
avatar

Messages : 11
Date d'inscription : 30/06/2016

MessageSujet: Frank Capra   Mar 5 Juil 2016 - 0:36

Frank Capra

Biographie :
Wikipédia

 

Francesco Rosario Capra, dit Frank Russell Capra, est un réalisateur, scénariste et producteur américain d'origine italienne, né le 18 mai 1897 à Bisacquino (Sicile, Italie) et mort le 3 septembre 1991 à La Quinta (Californie, États-Unis).
Fils d'immigrés italiens, Frank Capra débuta dans le cinéma par hasard, et apprit son métier auprès de Mack Sennett comme scénariste et gagman, avant d'entamer une carrière de réalisateur. Il participa, grâce à son association avec le producteur Harry Cohn, à l'essor de la Columbia et devint l'un des metteurs en scènes les plus importants du cinéma américain des années 1930, remportant trois fois l'Oscar du meilleur réalisateur. Il signa plusieurs grands succès, aujourd'hui des classiques : New York-Miami, L'Extravagant Mr. Deeds, Horizons perdus, Vous ne l'emporterez pas avec vous, Monsieur Smith au Sénat, L'Homme de la rue, Arsenic et vieilles dentelles et La vie est belle, ainsi que plusieurs films de propagande réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale, dont la série Pourquoi nous combattons. Sa carrière déclinant, il prit sa retraite au début des années 1960 et publia son autobiographie, The Name Above the Title : An Autobiography, en 1971.
Salarié de studio, il fut néanmoins l'un des quelques metteurs en scène de Hollywood à bénéficier d'une totale liberté artistique pour la plupart de ses films. Fort de leur succès public et critique, il fut l'un des premiers à pouvoir imposer l'idée du réalisateur comme auteur du film, ouvrant ainsi la voie à la politique des auteurs. Fait rare, son nom était connu du public et figurait au-dessus du titre sur les affiches promotionnelles de ses films, avant celui des vedettes. Il tenta plusieurs fois, avec Liberty Films notamment, de fonder sa propre société de production indépendante, sans succès.

Les films de Capra :
http://www.jeunecinema.fr/spip.php?article413 :
À quelques variantes près, ses films s’articulent autour de quelques grand principes : le héros, honnête homme représentatif des classe moyennes, donc plus ou moins démuni, se trouve précipité sur le devant de la scène où il doit affronter des forces organisées qui défendent des idées élitistes ou corporatistes.
Ce héros est une émanation de la la tradition américaine du "populisme" dont la Déclaration d’indépendance est le manifeste, celle de l’individu qui va de l’avant, libre et possédant autant de chances que tout autre de réussir dans ses entreprises.
Au début du siècle, cette tradition de liberté, de responsabilité et d’ambition personnelle s’est adoucie en intégrant la notion de solidarité, d’entraide, ce "bon voisinage"  dont Capra s’est fait le porte-voix talentueux.
C’est d’ailleurs en partie là que réside cet immense plaisir qu’on peut avoir à la vision de se films : l’affirmation de l’amour du prochain, de sa considération et de son aide face à l’adversité, donne lieu à des scènes jubilatoires mêlant émotion et tendresse, teintées d’humour.
Capra en avait donné une première version dans un film de 1934, American Madness, précurseur du cycle "politique" de son œuvre (1936-1948).
Un banquier, ayant prêté en pleine période de dépression, de l’argent pour faire marcher les petits commerces et entreprises, se voit acculé à la faillite le jour où les clients viennent en masse retirer leur argent, alors que les actionnaires refusent de le soutenir.
Il sera sauvé par ceux à qui il a fait confiance, et cet émouvant ballet des retraits et des dépôts de solidarité amènera ces actionnaires à l’aider à leur tour. Il est d’ailleurs de ces actionnaires comme de nous : à l’instar de la musique classique, les films de Capra, comme ses personnages, rendent meilleur, et il n’est pas rare qu’on y voie un affreux retrouver son humanité pour rejoindre les humbles - et les aider.
Ce cinéma mettant en scène les petites gens et les sans grades, les faisant éperdument aimer, comportant une dimension profondément sociale bien qu’émanant d’un esprit relativement conservateur, fait de Capra un cinéaste très proche de John Ford. Mais contrairement à Ford, l’œuvre de Capra appartient beaucoup plus à son époque. Il serait pourtant erroné, car cela tendrait à appauvrir ses idées fortes et simples, universelles, de ne voir en lui, comme certains, qu’un "cinéaste du New Deal".
La comparaison avec un autre cinéaste - Fritz Lang - s’impose à travers un autre thème omniprésent chez Capra : l’opposition entre le bien et le mal.
Celui-ci est toujours représenté par les forces de "l’organisation", s’opposant, quelle que soit leur nature - politique, économique - aux idéaux et aux mythes du "populisme" et donc des classes moyennes.
Les personnages de Capra, malgré leur modeste condition et leurs difficultés n’attendent d’aide de personne, et assurément ni de l’État ni d’un quelconque organisme. Dans It’s a Wonderful Life, George Bailey (James Stewart) aide les gens à se sortir eux-mêmes des taudis de l’ignoble et impotent Potter en se construisant leur propre maison. Ainsi s’oppose un individualisme convivial et constructif à la puissance et aux intérêts d’un seul ou d’un groupe, qui se mêle de faire échouer les tentatives populaires.
Pourtant Capra n’est pas un polémiste, pas plus qu’il n’est un véritable politique.
Les conflits qu’il dépeint sont plutôt l’occasion pour lui de tracer les grandes lignes d’une morale d’avenir qui permettrait de conserver les idéaux de l’origine de l’Indépendance. Et si l’on ne devait retenir qu’un seul thème des films de ce cycle, le plus présent et le plus poignant serait sans conteste celui de la recherche du bonheur, dans une Amérique vécue comme une terre promise.
Deux films de la série sont des films phares où s’exprime pleinement "l’idéologie" de Capra : Meet John Doe, qui marque un renversement éthique, une nouvelle gravité qui en était absente, et It’s a Wonderful Life, sorte de concentré des films précédents.
Il est remarquable que ces deux films aient été réalisés en période de guerre (ils encadrent la période militaire de Capra) et que ce soit les deux seuls films réalisés de manière entièrement autonome.
En 1939, Capra quitte la Columbia où il a réalisé l’essentiel de sa carrière (ce sont ses films qui ont permis à la Columbia de devenir une major company) pour fonder sa propre maison de production, en collaboration avec son scénariste favori Robert Riskin : La Frank Capra Production, dont le premier et le dernier film sera Meet John Doe.
Au retour de l’armée, Capra fonde avec d’autres cinéastes et producteurs (William Wyler, George Stevens, Samuel Briskin) la Liberty Film Inc., dont It’s a Wonderful Life sera le premier produit.
C’est dire que Capra, qui s’était fait l’apôtre de la formule "un homme-un film" par opposition au travail collectif (forcé) pratiqué à Hollywood, était totalement libre de sa façon de travailler, d’autant plus qu’il jouissait d’une plus que confortable notoriété.
Et de cette liberté, il s’est servi.
Il fallait une bonne dose de courage et de volonté pour faire It’s a Wonderful Life, un film à thème où l’essentiel de l’action est issu des problèmes métaphysiques des personnages, en une période où Hollywood était devenue une immense machine à produire des séries B et des dollars.

Meet John Doe (1941):
 
It’s A Wonderful Life (1946):
 

Amit Bellicha
Jeune Cinéma n°179, février-mars 1987


Vidéo de biographie de Frank Capra / extrait de L’Homme de la rue :



Style de réalisation :
Wikipédia anglais
https://en.wikipedia.org/wiki/Frank_Capra
 
Le style de réalisation de Capra reposait en grande partie sur de l’improvisation. Il était célèbre pour n’arriver sur le plateau qu’avec le script des scènes principales ("master scenes"). Il expliquait son point de vue :

« Tu as besoin de savoir de quoi parles la scène, qui fait quoi à qui, et qui s’intéresse à qui… Tout ce que je demande, c’est une scène principale, et je m’occuperai du reste : comment la filmer, comment garder toute la machinerie hors-champ, et comment garder l’attention focalisée sur les acteurs. »

C’est dans les scènes principales ("master scene") que l’on tourne les plans d’ambiance (ou plans d’ensemble/plans généraux)("cover/master shots").
 
Selon certains experts, Capra faisait preuve d’un excellant, bien que discret savoir-faire lorsqu’il dirigeait. Il estimait que les trucages fantaisistes qui distrayaient l’audience étaient la preuve d’une mauvaise réalisation. L’historien du cinéma et auteur William S. Pechter trouvait que le style de Capra était « d’une pureté presque classique ». Il ajoutait que son style reposait sur le montage pour garantir un « enchaînement rythmé de mouvements » ("sequence of rhythmic motion.") Pechter décrivait les retombées du montage :

« Le montage de Capra a l’effet d’imposer un ordre à des images constamment en mouvement, d’imposer l’ordre au chaos. Le résultat de tout cela est bel et bien une sorte de beauté, une beauté du mouvement contrôlé, qui relève plus de la danse que de la peinture… Ses films avancent à une vitesse saisissante : dynamiques, violents, crispés, hystériques même à leur extrême. L’accélération implacable et frénétique de l’allure semble jaillir de la libération d’une fantastique accumulation de pression. »
 
Le critique de cinéma John Raeburn utilise un vieux film de Capra, American Madness (La Ruée - 1932), comme exemple pour montrer comment Capra avait maitrisé le support cinématographique et faisait preuve d’un style unique :

« La cadence du film, par exemple, est parfaitement synchronisée avec l’action. Au fur et à mesure que la panique augmente, Capra écourte un peu plus la durée de chaque prise et utilise de plus en plus de montages parallèles et de plans sur plans pour accentuer la « folie » de ce qui est en train de se passer… Capra a rendu les dialogues plus naturels en ayant des locuteurs s’interrompant les uns les autres, comme on le fait souvent le cas dans la vie de tous les jours. Ce fût une innovation qui a contribué à dissocier les films parlants ("talkies") de l’exemple du théâtre « sérieux » ("legitimate stage"). »
 
Montage parallèle ("cross-cutting" or "parallel editing") : Le montage parallèle permet de mener en même temps deux péripéties séparées dans l’espace mais simultanées dans le temps, vécues par différents personnages de la même histoire.
Plan sur plan ("jump cut") : Le plan sur plan est le résultat de la mise bout à bout de deux plans dont les cadrages sont identiques ou pratiquement identiques, sur le même sujet ou sur un sujet différent, dont le résultat à la projection est une sensation de saut sur place, recherchée par le réalisateur (dans ce cas souvent appelée « coupe franche ») ou produite involontairement et hors de propos.
 
Quant aux sujets abordés, l‘auteur de cinéma Richard Griffith essaye de résumer l’ensemble des thèmes de Capra :
[Un] messianique naïf…qui s’oppose aux forces de l’avidité établie. Son inexpérience lui porte préjudice stratégiquement mais sa vaillante intégrité face à la tentation fait appel à la bonne volonté des « petites gens », et à travers leurs protestations combinées, il triomphe.
 
La personnalité de Capra en tant que réalisateur lui a donné une réputation de « féroce indépendance » lorsqu’il traitait avec les chefs de studio. On disait de Capra qu’il était gentil et prévenant sur le plateau : « un réalisateur qui ne faisait preuve d’aucun exhibitionnisme ».
 
La plupart des films de Capra enjoignent à penser que la bonté est inhérente à la nature humaine. Ils démontrent la valeur de la générosité et du travail.  Ce message et les thèmes salvateurs et bienfaisants de Capra lui ont valu le surnom de « Capra-corn ». Ceux qui tiennent sa vision en plus haute estime préfèrent le terme de « Capraesque ».
 
Les thèmes courants de Capra vantant l’homme ordinaire, son utilisation de dialogues spontanés, effrénés, et ses personnages principaux et secondaires haut en couleurs ont fait de lui l’un des réalisateurs les plus populaires et respectés du 20ème siècle. Son influence peut être retrouvée dans les travaux de plusieurs réalisateurs, parmi lesquels Robert Altman, Ron Howard, Masaki Kobayashi, Akira Kurosawa, John Lasseter, David Lynch, John Milius, Martin Scorsese, Steven Spielberg, Oliver Stone and François Truffaut.
Revenir en haut Aller en bas
BenYNuts
The Iron Admin
avatar

Messages : 1045
Date d'inscription : 17/04/2012
Age : 23
Localisation : Georges Méliès

MessageSujet: Re: Frank Capra   Mer 6 Juil 2016 - 9:16

C'est un bel article, merci à toi :)
Revenir en haut Aller en bas
 
Frank Capra
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CQFD 2049  :: What do you REALLY wanna know? :: CINEMA , Storytelling, Scriptwritting, Storyboarding-
Sauter vers: