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 Invisible Ink de Brian McDonald

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 17 Juil 2013 - 21:44

Bon allez, ce soir je me suis chauffé pour traduire un autre chapitre d'Invisible Ink, ça faisait longtemps ! =)

DITES LA VÉRITÉ

Nous ne devons jamais oublier que l’art n’est pas une forme de propagande ; c’est une forme de vérité.
-  John F. Kennedy

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de ce livre, c’est de toujours dire la vérité, toute la vérité, et rien d’autre que la vérité. Si vous faites ça, vous deviendrez maîtres dans l’art de la narration. Et dire la vérité est bien plus difficile qu’il n’y paraît.

Mais que signifie « dire la vérité » quand on écrit une œuvre de fiction ? Première chose, ça ne concerne pas les faits. Les storytellers ne se soucient pas des faits ; juste de la vérité. Parfois, les faits peuvent se mettre en travers de la vérité.

Quand vous regardez un film d’horreur et que vous savez que la belle blonde en sous-vêtements ne devrait pas aller dans la cave toute seule, que vous savez qu’elle a d’autres options, mais qu’elle y va quand même : ça, c’est un mensonge. Elle agit ainsi uniquement parce que les scénaristes le voulaient, mais ce n’est pas quelque chose que quelqu’un de raisonnable ferait.
En revanche, si la fille agit exactement comme vous le feriez vous - et se montre même plus intelligente - mais que le monstre arrive à l’attraper quand même – là, c’est flippant.

Vous voulez des exemples de vérité dans la fiction ?  Regardez la scène de dépression du personnage de Jimmy Stewart dans  La vie est belle (1946), juste avant qu’il décide de se suicider. Ce moment est l’un des plus vrais, honnêtes et réalistes jamais réalisés. Capra est connu pour ses films légers et joyeux, mais quand il décide de s’intéresser aux moments sombres, il dit toujours la vérité. Si vous voulez toucher profondément les gens, dites la vérité.

Vous vous souvenez, dans Big, lorsque le souhait de Tom Hanks est réalisé et qu’il devient un adulte ? Vous vous souvenez de sa première nuit passée à l’hôtel, loin de sa maison ? Il pleure. Pourtant, Big est une comédie, pas vrai ? Toujours est-il que quand Tom Hanks pleure pendant une scène, personne ne rigole. En fait, c’est même pénible à regarder. Les réalisateurs ont trouvé la vérité du moment.

La Donner Party était un groupe de pionniers des années 1840 qui s’est retrouvé coincé par la neige en pleine montagne et qui a du recourir au cannibalisme pour survivre. Ce n’est pas un sujet particulièrement drôle, n’est-ce pas ? Pourtant, Charlie Chaplin a lu un article à propos de ce fait divers et a pensé qu’il pourrait en faire quelque chose de rigolo.

La Donner Party est à l’origine de l’une des scènes les plus célèbres de Chaplin. Dans La ruée vers l’or, Chaplin joue le rôle d’un homme coincé dans une petite cabane sous la neige, en compagnie d’un autre homme. Ils meurent de faim, et bien qu’il y ait de l’humour dans la scène, le spectateur n’oublie jamais que ces deux hommes ont vraiment, vraiment faim.
Comme il n’y a plus rien à manger, Chaplin fait cuire sa chaussure. Il manipule les lacets comme s’il manipulait des spaghettis, et il les mange comme s’il savourait un repas délicieux. En gros, il parvient à rendre le tragique rigolo. Je ne suis pas le premier à le dire : la vérité est source de comédie.

Il y a un parfait exemple de vérité dans le premier Indiana Jones, Les Aventuriers de l’arche perdue. A un moment, Indiana Jones se retrouve face à face avec un adversaire qui essaye de l’impressionner avec de rapides et dangereux mouvements de sabre. Je me souviens, au cinéma : j’étais totalement happé, et je m’attendais à une formidable scène d’action. Mais au lieu de ça, que fait Indy ? Il sort tranquillement son pistolet et tue le mec d’un seul coup. Tous ceux qui ont vu Indiana Jones au ciné se souviennent vivement de la salve de rires qui a suivi ce moment. Pourquoi donc était-ce si drôle ? Parce que c’était la vérité ! C’était la chose la plus logique qu’Indiana Jones aurait pu faire.

Autre exemple : dans la série Batman des années 60, les méchants n’arrêtaient pas de concevoir des plans ultra compliqués pour capturer Batman. Même les jeunes enfants se demandaient pourquoi ils ne sortaient tout simplement pas leurs pistolets pour lui tirer dessus. Les plans diaboliques et tirés par les cheveux, c’était un mensonge – tout le monde le savait.

Lorsqu’on ment quand on écrit une histoire, lorsqu’on n’est pas honnête, ça se voit direct. Les spectateurs s’en rendent compte tout de suite et donc votre histoire est foutue.

Roseanne a complètement chamboulé le paysage télévisuel parce qu’elle refusait de mentir pendant son émission. Ce fut elle qui joua la première  « vraie » mère à la télévision.

Il y a des moments d’une honnêteté incroyable dans le film Election. Dans l’une des scènes, une jeune fille donne un speech devant son école ; un speech si honnête à propos des années lycée et de comment chacun de nous a vécu ça, qu’on dirait qu’elle est en train de lire notre journal intime.
Dans ce même film, on voit Matthew Broderick - qui se prépare à un premier rendez-vous amoureux- en train de laver ses parties génitales dans la baignoire. Peu d’entre nous admettraient en public faire une telle chose, mais un cinéma rempli de gens explosera de rire, car les gens se reconnaîtront  dans cette situation. Election est un film qui déborde d’honnêteté à propos du comportement humain.

La plupart d’entre nous scénaristes avons peur de coucher sur papier des choses aussi privées, aussi personnelles. On pense qu’en agissant ainsi, on ouvre une fenêtre sur notre vie privée, et on n’a pas envie que les autres nous jugent par rapport à ça. Mais je vais vous dire un secret : nous sommes tous pareil. Plus vous puiserez au fond de vous-même et partagerez des expériences et comportements  très personnels - qu’ils soient bons ou mauvais – plus les autres se reconnaîtront, et du coup personne ne vous jugera. Le public ne fera que se reconnaître.

Plusieurs décennies après la Deuxième Guerre mondiale, on a découvert des vidéos personnelles d’Hitler, en couleur. Certaines personnes pensaient qu’on ne devrait pas montrer ces images parce qu’en quelque sorte elles humanisaient un monstre. Mais c’était justement ça qui faisait d’Hitler un monstre : c’était d’abord et avant tout un être humain, comme nous tous – pas une créature de l’espace. Reconnaître ça ne fait que renforcer l’idée de monstruosité d’Hitler, et ça appuie le propos – ça signifie que si nous ne faisons pas attention, nous pourrions très bien produire un autre monstre.

Il en va de même des héros. Si vous parvenez à montrer qu’un héros a des peurs, des doutes et des défauts, mais que ce héros arrive tout de même à sauver le monde, il n’en sera que plus héroïque.

Les pires d’entre nous ont du bon en eux et les meilleurs du mauvais. C’est une vérité que beaucoup d’entre nous voudraient nier, mais c’est cette vérité-là que nous, storytellers, avons pour devoir de partager et mettre à jour.

La vérité sera toujours plus triste, plus joyeuse, plus drôle, plus effrayante et plus profonde que même le meilleur des mensonges.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 17 Juil 2013 - 21:46

Merci encore sa déchire !

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 17 Juil 2013 - 21:49

alalala ça fait du bien de lire ça!!! merci beaucoup :)

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 17 Juil 2013 - 23:50

Je suis bouillant, voici une deuxième traduction pour ce soir :

LE MYTHE DU GENRE

Le genre d’un film, c’est de l’encre visible. Les gens savent s’ils sont en train de regarder un western ou de la science-fiction. Mais Invisible Ink, l’encre invisible, parle des mécanismes internes des histoires, pas de la façon dont les personnages sont habillés.

Les gens qui me connaissent me considèrent souvent comme le-type-qui-n-aime-aucun-des-films-qui-sortent-au-ciné. Ce n’est pas vrai… bon, c’est presque vrai. Bref, ces personnes-là se torturent le cerveau pour essayer de savoir qu’est-ce que j’aime et pourquoi. Ils pensent que je dois aimer un sujet particulier, ou un ton particulier, ou peut-être même un genre particulier. Mais en réalité, il y a toujours un film sorti de nulle part qui met en pièces leurs théories.

Parmi les gens avec qui je travaille, je suis connu comme étant le gars qui peut écrire aussi bien dans un genre que dans un autre. Et ils ne savent pas comment j’y arrive. En fait, c’est simple : j’essaie simplement de raconter une histoire, et de bien la raconter. Et j’ai la même exigence envers les autres storytellers.

J’ai la conviction que celui qui pense histoire en termes de genre (celui qui pense que les histoires de science-fiction sont différentes des histoires de western, par exemple) court le risque de perdre de vue que toutes les histoires ont en leur cœur les mêmes choses en commun.  Les bons récits transcendent les genres. On s’en fout qu’un personnage chevauche un pur-sang, une voiture ou un vaisseau spatial, à partir du moment où on est en empathie avec ce personnage.

En fait, le genre, c’est l’aspect visible et extérieur des histoires. Il y a des histoires qui ont été racontées dans plein de genres différents – seuls les éléments en surface changeaient. Par exemple, La forteresse cachée d’Akira Kurosawa, un film de samouraïs, est devenu la base du premier Star Wars. Un autre film de Kurosawa, Les sept samouraïs, est plus tard devenu un western.

Kurosawa lui-même a repris l’histoire de King Lear de Shakespeare et l’a transposée dans le Japon féodal (Ran). Patrick Stewart a lui aussi repris King Lear et l’a fait se dérouler dans le Texas du 19ème siècle pour sa production télé Roi du Texas.
La comédie musicale West Side Story n’est ni plus ni moins que Roméo et Juliette mis à jour et transposé dans le monde des bandes rivales du New York des années 1950.
Le western  La rivière rouge, avec John Wayne, est une relecture du grand classique épique Les Révoltés du Bounty. Même histoire, mais genre différent.

Un dramaturge ne devrait pas se préoccuper du genre ; il ne devrait se préoccuper que de son récit et de la manière de le raconter. Si vous arrivez plus facilement à écrire dans un genre que dans un autre, alors allez-y. Il n’y a pas de genre meilleur qu’un autre.

Si vous y pensez juste deux secondes, Les dents de la mer n’est au fond qu’un film de monstre. Comme beaucoup d’autres films de monstres, des personnages secondaires se font dévorer tandis que le héros tente de stopper la terrible créature. Mais quelque part, Les dents de la mer transcende ce genre. Pourquoi ? Parce qu’il a une armature et un personnage qui évolue au cours du récit.

Après la sortie des Dents de la mer, beaucoup de films ont tenté de répéter son succès en imitant les éléments masculins de l’original (c’est-à-dire, en gros, tout le côté méchant-monstre-qui-dévore-les-baigneurs). Dans l’un des films, il y avait un orque-baleine en lieu et place du requin, dans un autre, un ours mutant.
Aucun de ces films n’a creusé au-delà de la surface pour essayer de comprendre pourquoi Les dents de la mer a tellement plu au public.
Terminator et Aliens sont eux aussi, en surface, de simples films de monstres. Ce qui les sépare du reste est leur forte armature, leur message.

Ce phénomène de genre se produit également en littérature. Personne ne vous dira que 1984 n’est qu’une histoire de science-fiction. Ou que La ferme des animaux est un livre pour enfants parce qu’il y a des animaux dedans. Ou que Les voyages de Gulliver en est un aussi parce qu’on y parle de voyages fantastiques.

Dans quel genre classeriez-vous Star Wars ? Science-fiction ? Fantastique ? Action ? Si c’est de la science-fiction, est-ce que l’histoire a quoi que ce soit en commun avec Alien ? Qu’est-ce qu’E.T. et 2001 : L’Odyssée de l’espace ont en commun ? Quelles sont les similitudes entre Terminator 2 et Galaxy Quest ? Bien évidemment, tous ces films ont très peu de choses en commun.

Au fil du temps, on a aussi eu tendance à hiérarchiser les genres. Par exemple, on se dit : « Aah, attends, c’est un film d’époque, ça doit être bien plus profond qu’une histoire de science-fiction ! ». C’est ridicule et faux, bien entendu.

Quand Clint Eastwood a réalisé Impitoyable, ça ne ressemblait à aucun des westerns qu’on avait l’habitude de voir parce que les auteurs étaient plus préoccupés par l’armature et le thème que par les costumes, les armes et les stéréotypes. Impitoyable a transcendé le genre du western.

Fatigué par les contraintes que lui imposaient les chaînes et les publicitaires, Rod Serling a arrêté d’écrire des téléfilms pour se consacrer à l’écriture pour la télé en direct. Quand il a anoncé qu’il allait créer une émission fantastique, beaucoup de gens pensèrent qu’il avait abandonné l’idée d’écrire des choses « sérieuses » pour la télévision.
Mais Mr Serling savait quelque chose que les producteurs ignoraient. « Je savais que je pouvais faire dire à des martiens des choses que les Républicains n’oseraient pas dire ». Rod Serling a réussi à tirer profit des a priori que les gens avaient sur le genre de la science-fiction. Il a écrit des histoires fantastiques sur de vrais problèmes humains, sans avoir à subir les interruptions publicitaires. Et ses téléspectateurs savaient toujours de quoi, au fond, il voulait parler.

Nous avons tous un penchant pour quelque chose en particulier dans les films. Pour ma part, j’aime beaucoup les habits et les véhicules de la moitié du vingtième siècle. J’ai une réponse viscérale à chaque fois que je vois ces choses-là dans un film. Mais ce n’est pas ça qui rend le film bon pour autant.
Ce qu’il est important de souligner, c’est que les autres ne partagent pas forcément le même goût que moi pour ces choses. C’est pourquoi, en tant que storyteller, je me dois de leur parler à un niveau bien plus profond. L’armature doit être si forte qu’elle rende l’histoire universelle et relègue le genre au second rang.

En tant que storyteller, vous devez tout de même être conscient du genre dans lequel vous pensez que votre histoire va être cataloguée. On doit pouvoir classer facilement votre histoire dans un genre donné, car ça la rendra beaucoup plus facile à vendre et à promouvoir. Vous seuls devez savoir que vous avez transcendé le genre. Votre public le saura aussi, bien sûr – simplement, ils ne se rendront pas compte qu’ils le savent.

Aussi raccrochée à ce topic est l’idée qu’un medium serait supérieur à un autre : que le théâtre est plus artistique que le cinéma, que les romans sont supérieurs aux bandes-dessinées, ou que les films sont mieux que la télévision.
Ce sont juste différentes plates-formes que l’on peut utiliser pour raconter des histoires, ni plus ni moins. Chacune a ses propres avantages, et il n’incombe qu’à vous même de faire un usage optimal de ces avantages pour vous aider à raconter vos histoires.

Si vous voulez vous assurer de ce que j’avance, allez lire les BD Maus et Maus II, d’Art Spiegelman. Maus fut la première bande-dessinée de l’histoire à recevoir le prix Pulitzer.  On a même dû créer une nouvelle catégorie afin que Maus puisse être considérée.
Vous ne serez pas déçus non plus avec les romans graphiques de Will Eisner. Je suis certain que s’il avait raconté des histoires dans un autre medium que la bande-dessinée, tout le monde connaîtrait son nom. Si vous voulez tout savoir, le prix le plus prestigieux pour les bandes-dessinées porte son nom. Et il en a gagné plusieurs, au passage.

Au début de l’histoire du cinéma, les films étaient considérés comme une forme de divertissement très cheap, sans grande importance. Mais quelques pionniers prirent conscience de la force et du potentiel du medium et apprirent à s’en servir pour raconter des histoires.
D.W. Griffith a été le premier réalisateur à utiliser la technique du montage parallèle (c’est-à-dire cutter entre une scène et une autre pour augmenter la tension). Quand les autres réalisateurs firent part de leurs doutes et de leur perplexité, affirmant que ça allait désorienter les spectateurs, Griffith déclara : «  Si Dickens peut le faire, alors moi aussi ! »

Ne laissez pas votre medium ou votre genre vous empêcher de raconter une bonne histoire.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 17 Juil 2013 - 23:58

rhaaaaaa de la baaaaallle merciiiii ça fait tellement de bien de lire ça!!

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 18 Juil 2013 - 0:01

Cool, pas de quoi ! J'ai commencé la traduction sur le chapitre "Masculin et féminin" (j'avais dit à dalinn que je le traduirais) mais j'ai oublié les feuilles à Angoulême. Je le mettrai vers la rentrée. =)

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Dernière édition par kwentin le Jeu 18 Juil 2013 - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 18 Juil 2013 - 0:17

ok :D merci pour tout!! 3TGE 

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 7 Aoû 2013 - 23:24

En ce moment en ebook il coûte 3,76 euros, que dalle :3 : http://www.amazon.fr/Invisible-Ink-ebook/dp/B00408ASDM

Just to say it :)

Anyway je viens de tout relire, juste MERCI

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 7 Aoû 2013 - 23:52

Wow effectivement 3,76 euros c'est rien du tout !

Haha je vais faire fanboy mais personnellement si je devais retenir un seul livre parmi tous les manuels de scénario ce serait celui-là, alors n'hésitez pas et jetez-vous dessus !! :)

Sinon je sais pas si je l'ai déjà précisé ou pas, mais Brian McDonald a aussi publié deux autres livres sur le storytelling :

The Golden Theme : http://www.amazon.fr/The-Golden-Theme-ebook/dp/B004A14QHI/ref=sr_1_2_bnp_1_kin?ie=UTF8&qid=1375911984&sr=8-2&keywords=the+golden+theme+mcdonald

Ink Spots : http://www.amazon.fr/Ink-Spots-ebook/dp/B00AAMJOR8/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1375911473&sr=1-1&keywords=ink+spots

(ce dernier étant une compilation de certains posts de son blog, que je vous réinvite à aller lire tellement c'est amazing : http://invisibleinkblog.blogspot.fr)

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 7 Aoû 2013 - 23:55

merci pour les liens vous etes des balles ça fai plaisir de voir les thread sur la narration s 'animer un peu today^^

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 0:01

Ouep t'en a déjà parlé. Ils sont aussi en vente pour une bouchée de pain d'ailleurs... Le rapport qualité prix doit valoir le coup :)

EDIT : D'ailleurs je traduis ça demain : http://invisibleinkblog.blogspot.fr/2012/12/time-travel-natural-way-to-tell-stories.html

Jdevrais déjà être au lit mais jme suis emballé :3

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 10:37

Hop traduction de cet articles : http://invisibleinkblog.blogspot.fr/2012/12/time-travel-natural-way-to-tell-stories.html

J'espère que j'ai pas un anglais trop merdique :3 et mon français aussi

C'est marrant comme il places des images dans ses articles. Très cool même :D ça donne envie de tout lire.



Voyage dans le temps : La manière naturelle de raconter des histoires.

Depuis la sortie de Pulp Fiction de Tarantino, les gens parlent de comment ce film et d'autres ont joué avec les notions traditionnelles de structure d'une histoire.
Ce film raconte son histoire dans le désordre et est donc innovant, ou du moins c'est ver ça que se dirigent les diverses réflexions. C'est une erreur. Raconter des histoire dans un ordre inhabituel est actuellement aussi traditionnel que cela le devient.

L'idée que la structure d'une histoire est régie par une chronologie linéaire est une erreur commune. Comme je l'ai souvent écrit, et dit aux étudiants, il faut faire attention à comme les histoires sont racontées dans la vraie vie.(ndlt : arrêter d'écouter de la musique quand je fais du croquis ou prends les transports T_T)
Il faut étudier les histoires non pas dans leur forme écrite, ou autre médium comme la télé ou les films, mais dans leur habitat naturel.

Le fait de raconter des histoires dans la vraie vie, de personne à personne, est le parent de toute autre forme racontant des histoires. Dans la plus ancienne et plus utilisée forme de raconter des histoires se trouve chaque élément structurel de l'histoire.


Depuis que les histoires sont tout autour de nous tout le temps, si vous pouvez vous entraîner à faire attention à chaque discours, vous devriez apprendre plus que ce que moi - ou n'importe qu'elle libre, blog ou professeur - ne pourra jamais vous apprendre sur le fait de raconter des histoires.

Donc, regardons les histoires dans leur habitat naturel pour voir comment nous ne sommes pas mariés à une chronologie linéaire et pourquoi.

Quelqu'un pourrait vous raconter une histoire comme ça :

Citation :
Storyteller : Alors, je suis allé au travail ce matin - le trafic était fou du coup j'était 5 ou 6 minutes en retard. Je me suis fait un café dans la cafétéria. Quelqu'un avait apporté des donuts donc j'en ai attrapé un et tout le monde dans le bureau a commencé à parler de leur long weekend et de ce qu'ils y ont fait. On a fait ça pendant 10-15 minutes jusqu'à ce que je me rende compte de l'heure qu'il était et que je fasse remarquer qu'il fallait retourner au boulot. Quelqu'un était au milieu d'une histoire, du coup ils sont tous restés tandis que je prenais l'initiative de retourner à mon bureau. Sur le chemin mon supérieur m'a arrêté et dit que j'étais viré pour avoir trop socialisé.

C'est une manière dont quelqu'un pourrait vous raconter une histoire. Mais ce n'est pas vraiment engageant. Pourquoi? C'est un peu ennuyeux. Pourquoi? Parce que les gens qui écoutent n'ont aucune idée de pourquoi ils écoutent. La plupart d'entre nous sont des gens racontant naturellement des histoires et comprenant le pouvoir de la structure et de la manipulation de la chronologie. La plupart d'entre nous savent commencer avec la partie la plus intéressante d'une histoire pour donner un indice aux gens sur ce qu'ils écoutent.

Citation :
Typical Storyteller : Je me suis fait virer aujorud'hui! Alors, je suis allé au travail ce matin - le trafic était fou du coup j'était 5 ou 6 minutes en retard. Je me suis fait un café dans la cafétéria. Quelqu'un avait apporté des donuts donc j'en ai attrapé un et tout le monde dans le bureau a commencé à parler de leur long weekend et de ce qu'ils y ont fait. On a fait ça pendant 10-15 minutes jusqu'à ce que je me rende compte de l'heure qu'il était et que je fasse remarquer qu'il fallait retourner au boulot. Quelqu'un était au milieu d'une histoire, du coup ils sont tous restés tandis que je prenais l'initiative de retourner à mon bureau. Sur le chemin mon supérieur m'a arrêté et dit que j'étais viré pour avoir trop socialisé.

Vous voyez comme ce petit changement a un impact sur l'histoire? Mettre le haut point de l'histoire au début marchent pour engager l'audiance; ce qui veut parfois sauter à la fin de l'histoire.  "Je me suis fait virer aujourd'hui" est la fin de l'histoire. C'est là où tout va mener. Mais regardez comme votre cerveau remarque peu ce changement temporel. C'est parce que c'est une manière naturelle de raconter des histoires et non pas l'invention ou construction de quelqu'un.


Nous connaissons tous des gens qui racontent des histoires de la manière dont je l'ai fait dans le premier exemple et ces gens nous rendent très impatients parce qu'en tant qu'auditeur nous sommes obnubilés par la recherche de l'utilité de chaque détail dans l'histoire.

Le mythe veut qu'Hollywood inventa la structure de l'histoire. Ils ne l'ont pas inventé - ils on juste capitalisé dessus. La structure n'est pas rentrer dans une certaine limite de page ou mettre les éléments dans un ordre prédéterminé, mais plutôt comprendre quel ordre dans les évènements est le plus efficace pour l'histoire que l'on raconte.


Mon conseil - écoutez les gens parler. Ecouter les gens raconter des histoires quand ils ne savent même pas qu'il sont en train de le faire. Si l'histoire est engageante, il y a des chances qu'il soient en train d'utiliser instinctivement des principes structurels. Vous pouvez apprendre toutes les règles du storytelling en écoutant les autres. Tout ce que vous avez à faire c'est prendre le temps pour le faire.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 10:44

Yes un nouveau traducteur ! :D

Cool merci Sovelis !

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 11:16

Yeah padkoi :) c'est vraiment intéressant pour moi aussi

Et je voulais aussi traduire la fin de cet articles : http://invisibleinkblog.blogspot.fr/2012/12/why-dont-people-ask-why.html
Je trouve qu'il y a plein de belles citations à en tirer sur POURQUOI ON SE RACONTE DES HISTOIRES, et c'est bien le gros des problèmes qu'on peut se poser sur l'utilité de notre métier/futur métier potentiel je pense. Je pense que ça vaut toujours le coup d'en remettre une couche là-dessus donc je traduis :)


Pourquoi les gens ne demandent pas pourquoi?


Brian pointe dans cet article le fait que quand les gens demandent pourquoi, il y en a beaucoup qui posent la question sans attendre de réponse, juste pour montrer leur indignation face à quelque chose, et ils pensent déjà en connaître la réponse sans trop y avoir réfléchis.

[...]

Les histoires sont des répétitions pour les problèmes de la vie. (ndlt : dans le sens de répétition avant un concert par exemple)

Elles nous permettent de faire face et survivre à beaucoup de dilemmes de la vie dans notre imagination, de manière à ce que une fois que nous y sommes confrontés ils ne nous sont pas complètement étrangers, et nous pouvons mieux les prendre en main. Et parce que nous avons les mêmes problèmes basiques que les humains ont toujours eu, avec quelques changements superficiels, les histoires par nécessité ont beaucoup de schémas qui se répètent. (ndlt : BAM, aristote/joseph campbell/vogler/mckee, universalité des histoires et schémas qui se répètent, 36 situations dramatiques de base toussah)

Beaucoup de storytellers aujourd'hui, en remarquant ces schémas, se demandent "pourquoi ils font toujours ça?", mais ce n'est pas un réel "pourquoi", s'ils font le vœu de ne pas utiliser eux-même ce schéma. "Je vais faire quelque chose que personne n'a jamais fait", ils proclament. Ils changent les choses sans demander un "pourquoi" honnête.

Parfois la réponse est que tous ces storytellers ont été faignants et ont suivi des schémas dans se demander eux-même "pourquoi". C'est aussi une erreur. Mais souvent ces schémas sont en place parce qu'ils aident l'histoire à s'exprimer clairement.


(ndlt : attention best paragraphe hyper important, pour moi en tout cas) :

Beaucoup de storytellers veulent savoir ce qui va rendre leur histoire unique, alors, s'ils passent à côté d'un chemin si bien tracé. La réponse est VOUS. . Vous êtes les seuls avec votre set particulier d'expériences et si vous filtrez ce que vous écrivez à travers ces expériences et faites des observations honnêtes de ce que veux dire être un humain tentant de survivre dans ce monde, mes les vieilles histoires poussiéreuses brilleront comme des neuves.

Mais cela n'arrivera que si vous savez pourquoi, ou pourquoi ne pas, utiliser certains outils de scénario. Et la seule manière de le faire et de se demander avec humilité et sincérité, "Pourquoi ils font toujours ça?".

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 14:16

Cooool ! Allez Sovelis tu m'as motivé pour traduire un post du coup. :)


L'ultime sophistication

"La simplicité est l'ultime sophistication" - Léonard de Vinci

Les artistes et créatifs d'aujourd'hui semblent avoir oublié cette citation de de Vinci. Les étudiants en scénario en particulier ne veulent surtout pas que leur travail apparaisse comme trop simpliste ou trop évident. On dirait que l'idée de communiquer clairement avec son public est devenue synonyme de condescendance.

On pense que l'art, quand il est bien fait, doit mettre au défi le spectateur, lui faire se poser des questions quant au sens de l'oeuvre. Un bon nombre d'oeuvres d'art confirment cette règle, comme si on s'était tous mis d'accord pour dire que plus une oeuvre est compliquée, inaccessible, mieux elle est réussie. Si nous parvenons à comprendre quelque chose à la première lecture, au premier coup d'oeil, ça veut dire que c'est une oeuvre mineure, sans grande importance. Qu'elle n'a pas de sens profond.
Il est intéressant de noter que désormais, si une oeuvre d'art n'est pas comprise, on s'en prend aux spectateurs, et non plus au créateur. Désormais, un artiste est libre de faire ce qu'il lui plaît, sans avoir à se soucier de la clarté et de la bonne communication. Si on ne comprend pas ses oeuvres, bah ce n'est pas de sa faute, c'est de celle des spectateurs ! Ils ne sont juste pas assez intelligents pour comprendre !

On dirait que communiquer clairement est devenu un crime de nos jours. Si l'on en croit certains critiques, Steven Spielberg est l'ennemi public numéro un. Selon eux, Spielberg est trop clair, trop direct. Si tout le monde parvient à comprendre ses films, comment diable peut-il être considéré comme un grand réalisateur ? Certaines personnes s'émerveillent devant le travail de ceux qui produisent intentionnellement des oeuvres compliquées et difficiles à comprendre. Pour ma part, je ne vois pas où est le génie dans tout ça. N'importe quel enfant de cinq ans peut faire un dessin ou une histoire où on ne comprend rien. Mais très peu d'enfants sont capables de réitérer un effet désiré. Il faut des années de pratique pour être capable de toucher un public avec chacune de ses oeuvres.

Quand quelqu'un arrive à communiquer clairement une idée compliquée, on a tendance à penser que bah, l'idée de départ ne devait pas être si compliquée que ça pour être communiquée avec tant de clarté, tant de précision. On confond la facilité avec laquelle l'idée est communiquée en considérant que c'est l'idée de départ qui est triviale. Les étudiant en scénario ou en cinéma ne s'émerveillent quasiment jamais devant la clarté avec laquelle une histoire peut être communiquée. Et les écoles de cinéma semblent soutenir cette idée qu'une communication claire et précise, ce n'est pas sophistiqué. Dans ces écoles, les élèves étudient principalement des films d'art et d'essai qui sont lents, difficiles à suivre, avec une hsitoire compliquée à propos d'un sujet grave et important.

Enfin, j'ai remarqué que, de nos jours, les spectateurs au cinéma ne s'attendent même pas à comprendre le film qu'ils sont sur le point de voir. J'ai surpris une conversation un jour où quelqu'un disait qu'il avait aimé Transformers, "parce que c'est un film d'action typique, où tu ne comprends pas l'histoire". Depuis quand les intrigues incompréhensibles sont-elles devenues typiques dans les films d'action ? Est-ce que le premier Die Hard (1988) a embrouillé qui que ce soit ?
Tenez, prenez par exemple des films "importants" comme Syriana ou Babel. Inlassablement, les gens qui ont vu ces films me disent qu'ils les ont trouvé difficiles à comprendre, mais "bons". Je ne peux pas m'empêcher de penser que "bons" est ici synonyme avec les "Bel effort !" que les enfants obtiennent sur leurs bulletins de note.

L'un des devoirs les plus importants pour un storyteller est de raconter l'histoire le plus clairement possible. C'est de la clarté que vient la vérité. Sans ça, une histoire n'est "simplement qu'une histoire", très vite oubliée. Si un réalisateur est déchargé de la responsabilité d'être clair, et que c'est au public d'établir des connexions qui ont du sens, alors le film cesse d'être une expérience collective. Ca devient à propos des individus, de qui comprend l'histoire et qui ne la comprend pas.

Même l'histoire la plus complexe peut être décomposée sous forme d'éléments simples. C'est ça, le travail, c'est sur ça que nous travaillons dur. La récompense ? Une histoire que tout le monde comprend, et qui semble être venue facilement.
Tout ce que je vous demande, c'est que la prochaine fois que vous tombez sur une histoire ou un film que vous n'arrivez pas à comprendre, ne doutez pas de votre intelligence et dites-vous que ce n'est peut-être pas de votre faute. Peut-être que, tout bêtement, c'est le storyteller qui n'était pas assez intelligent pour faire confiance à la puissance de la simplicité.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 14:51

Haha merci, génial. Faut passer le mot, celui-là est top

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 16:33

lol l'orgie de trad a lire absolument tout le monde!!! prenez des notes! ujnhgvfd ujnhgvfd ujnhgvfd ujnhgvfd ujnhgvfd

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 17:13

merci beaucoup c'est passionnant !!
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Jeu 8 Aoû 2013 - 17:32

Oui merci beaucoup à vous deux !

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 3:20

ahh je vous kiff ! bisous ! merci les gas

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 11:32

Une nouvelle trad' à propos des fins (quelque chose de pas évident du tout !) :


La fin

"Commencez au début et continuez jusqu'à ce que vous arriviez à la fin ; ensuite, arrêtez là." - Lewis Carroll


Quand j'enseigne à mes étudiants, on en vient souvent à parler des dénouements. Certaines personnes estiment que les fins heureuses sont trop faciles, que ça ne se passe pas ainsi dans la vraie vie. D'autres au contraire pensent qu'il est préférable d'opter pour une fin heureuse. Et bien sûr, il y a aussi ceux qui privilégient les fins en coup de théâtre. Alors, quelle fin choisir ? Eh bien, vous ne devriez choisir aucune des trois. Votre fin doit découler naturellement de votre histoire.

Vu la manière dont les gens parlent des dénouements, je me rends compte qu'ils considèrent les histoires comme une collection de parties distinctes plutôt que comme un tout unifié. Voyez les histoires comme une machine bien huilée. Il se peut que chaque partie de la machine soit bien faite en soi, mais leur vrai but est de se mettre au service de l'ensemble.

Je vois bien que les gens pensent histoire en termes de parties distinctes, de composantes, lorsqu'ils disent des choses du genre : "Il y avait de bons dialogues", ou "J'ai bien aimé les personnages", ou encore "Il y avait des passages intéressants".

Nous les profs parlons de composantes d'une histoire, d'éléments distincts, pour que ce soit plus facile à comprendre, mais la vérité est que toutes ces composantes doivent être en harmonie pour produire une histoire satisfaisante.

Il n'y a donc pas de dénouement meilleur qu'un autre. Il faut juste se demander de quelle fin a besoin l'histoire pour prouver son thème, son armature. On ne décide pas d'une fin, on la découvre.

Les gens ont tendance à se focaliser sur un type de fin qui correspond à leur vision du monde, et ils font tout pour imposer ce type de fin à chacune de leurs histoires.

Euripide, grand dramaturge, disait : "Un mauvais début égale une mauvaise fin". Et le légendaire réalisateur Billy Wilder affirmait : " Si vous avez un problème dans votre troisième acte, alors le vrai problème se trouve dans votre premier acte".

Ce que ces deux storytellers voulaient vraiment dire, c'est qu'une histoire est un tout unifié - un événement en informe un autre, et ainsi de suite. Dans une histoire, tous les événements doivent être connectés.

Une histoire est constituée d'une proposition, d'un argument et d'une conclusion. Une fois que vous décidez d'une proposition, vous avez pour devoir de prouver ou d'au contraire disputer cette proposition. Si votre proposition est : "Les voleurs n'ont pas d'honneur", alors votre fin sera celle qui prouvera de la meilleure manière ce point de vue.

Billy Wilder disait aussi : "Sachez où vous allez". Parce que chaque élément dans votre histoire doit mener, irrémédiablement, immanquablement, à votre fin. Votre début et votre dénouement sont intimement liés. Ils sont liés l'un à l'autre par votre deuxième acte. Les trois actes ne sont en réalité qu'un seul et unique tout, un peu comme le corps humain. Notre corps possède différentes parties, différents membres, mais tous ces membres forment un tout (le corps) ; chaque partie travaille de concert avec les autres.

Alors, la prochaine fois que vous galérez avec votre fin, demandez-vous simplement quelle est celle qui prouve le mieux votre armature, votre thème. Et si votre fin ne marche pas, c'est peut-être parce que votre début, tel que vous l'avez écrit, n'appelle pas cette fin.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 16:27

yeah essentiel merci encore c super genereux tout ce que tu fait, lisez ça tous autant que vous etes en prenant des notes! :)

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 16:29

Yes, merci à tout le monde pour les trads ^^ raaaah y'a qu'ici que je peux lire de belles choses comme ça sur le scénario
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 20:18

ça vos un post d'or ! ;)
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 20:19

lol c vrai du coup tu l'a perdu^^

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