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 Invisible Ink de Brian McDonald

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 9 Aoû 2013 - 21:26

alleeeez, c'est bon ça ! 3TGE 
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Sam 10 Aoû 2013 - 12:54

un admin peut pas avoir de post d'or? snif :'(

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Sam 10 Aoû 2013 - 16:55

lol carrement, tu peux te le mettre toi meme comme un tyran impotent XD c ça qu'est beau tu peux te creer un rang de "super mega classe guy qui domine le monde " c'est tout l'interet d'etre admiiin zsderftfed 
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Sam 10 Aoû 2013 - 17:05

trop swag <3

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 16 Aoû 2013 - 19:18

Hello tout le monde, voici deux autres trad' d'Invisible Ink, qui parlent des sacrifices et des changements chez les personnages :


La crucifixion

"Ce que nous faisons pour nous-même meurt avec nous. Ce que nous faisons pour les autres est immortel." - Albert Pine


Le sacrifice est une part importante de ce qui fait d'un protagoniste un héros. Les gens n'ont pas tant de respect que ça pour ceux qui obtiennent facilement ce qu'ils veulent. Au contraire, on a beaucoup plus d'admiration ceux qui se battent et se sacrifient pour réussir.

Je me souviens avoir entendu une histoire à propos d'un homme, dans un camp nazi, qui s'est porté volontaire pour prendre la place d'un autre homme qu'on était sur le point de tuer. Ce dernier avait une famille et n'arrêtait pas de supplier les nazis pour qu'ils l'épargnent. Le volontaire, quant à lui, n'avait pas de famille : il s'est sacrifié pour son camarade et les proches de ce dernier. Peu d'entre nous seraient capables d'une telle chose, d'un tel acte héroïque - bien qu'au fond de nous, nous espérons tous pouvoir en être capables. Voilà les caractéristiques d'un vrai héros - c'est quelqu'un qui place les intérêts des autres avant les siens.

Dans La vie est belle de Frank Capra, George Bailey passe sa vie entière à se sacrifier pour les autres. Nous, spectateurs, percevons ce personnage comme une figure héroïque, en raison justement de tous ses sacrifices.

Vous pensez sûrement que tout ceci est trop évident, que c'est de l'"encre visible", mais le fait est que les lecteurs et spectateurs ne remarquent pas ce procédé quand il est bien utilisé.

Tenez, prenez par exemple l'histoire de la crucifixion. Jésus souffre sur sa croix. Le fait qu'il souffre est très important pour l'histoire, car il ne faut pas oublier que Jésus est le fils de Dieu, et qu'il est par conséquent capable de réaliser des miracles. On pourrait très bien se demander s'il souffre vraiment, là-haut, sur sa croix.
Sa couronne d'épines, le fait qu'il ait à porter sa propre croix, sa blessure au couteau, tout ça sont des détails nécessaires à la narration.
A un moment, Jésus s'écrie même : "Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?". Il est important que l'on sache que Jésus doive bel et bien supporter la douleur de la crucifixion, qu'il n'est pas et ne sera pas sauvé par quelque miracle que ce soit. Le pouvoir de cette histoire tient justement dans le fait que Jésus souffre tout autant que vous et moi souffriraient si nous étions à sa place. Comme tous les grands héros, Jésus souffre pour les autres.
Ensuite, bien sûr, qu'arrive-t-il à Jésus ? Il ressuscite. Il monte au ciel. Il est récompensé pour avoir tant souffert.

Selon la mythologie scandinave, Odin, roi des Dieux, a du sacrifier un de ses yeux pour démontrer sa volonté d'acquérir les connaissances du passé, du présent et du futur. Il n'est jamais facile d'atteindre la sagesse.

Dans Les Aventures d'Huckleberry Finn, Huck hésite à dénoncer Jim, l'esclave en cavale. Les gens autour de lui lui ont toujours dit que ce serait un crime de ne pas le dénoncer. Mais il se trouve qu'au cours du récit, Huck a appris à mieux connaître Jim, à s'attacher à lui, et il finit par le considérer comme un être humain comme les autres.
A la fin de l'histoire, Huck décide qu'il préfèrerait encore commettre un pêché que de dénoncer son ami. "Dans ce cas, j'irai en enfer", dit-il. Huck croit qu'il sera puni à jamais s'il venait à aider son ami. Ça, c'est un vrai sacrifice !

Il se trouve que nous respectons même les sacrifices les plus infimes. L'un de mes meilleurs amis est toujours le premier à reconnaître quand il a tort. Il admet ses torts plus vite que n'importe qui. Combien d'entre nous sommes capables d'admettre avec une telle aisance nos torts et nos erreurs ? Je ne dis pas que mon ami est un héros, bien sûr, mais il est évident que ça demande un certain courage d'être quelqu'un comme ça. En agissant ainsi, mon ami se rend vulnérable, et nous savons tous que la souffrance émotionnelle est tout aussi dévastatrice que la souffrance physique, parfois même plus.

Dans Terminator 2, le robot du futur sa sacrifie pour le bien de l'humanité. Celui qui fut autrefois une machine à tuer est devenu un héros.

Dans une histoire, les personnages qui évoluent subissent tous au moins une "mort émotionnelle" qui leur permet de ressusciter et de devenir de meilleures personnes.

Une métaphore : en gros, appliquez assez de pression et de chaleur sur un morceau de charbon pour le transformer en un beau diamant.



Du papillon à la chenille

"Si du coté obscur de la force tu t'embarques, à jamais ta destinée il dominera." - Yoda, L'Empire contre-attaque


Les personnages ne changent pas toujours pour le mieux. Certaines histoires montrent comment les gens peuvent devenir corrompus, comment des gens bien peuvent sombrer. Certaines histoires s'intéressent aux anges déchus.

Au début du Parrain, Michael Corleone est un homme vertueux - un héros de guerre, rien que ça. Quand il parle de sa famille de criminels à sa fiancée, il lui dit : "C'est ma famille, Kay, pas moi." Lui, il n'est pas comme eux ; il est au-dessus de tout ça.

Quel est l'élément crucial qui va tout déclencher, l'élément qui va commencer à le faire changer? C'est le coup de feu sur son père. Michael n'approuve  peut-être pas le comportement de sa famille, mais il tient à elle, il se soucie d'elle. Quand son père se fait tirer dessus, c'est le début de la "douleur rituelle" pour Michael.

Son changement se fait progressivement. Au début, il ne fait que protéger son père alors que les deux hommes qui lui ont tiré dessus tentent de l'achever. En tant que spectateurs, on comprend son comportement. Qui ne protégerait-pas quelqu'un qu'il aime de tueurs sans merci ?

Mais ensuite, Michael prend un décision radicale : il va tuer les hommes qui ont tenté d'abattre son père. Quand finalement il les tue, ce n'est pas de la justice, c'est de la vengeance. En effet, le père de Michael n'a pas été tué, lui - seulement blessé.

Ça ne ferait peut-être pas tant de différence que ça dans d'autres histoires, mais ça a son importance dans celle du Parrain. Et ça, on le sait, parce que dans la scène d'ouverture, le père de Michael (Don Corleone) nous le dit explicitement. Il définit la différence entre justice et vengeance pendant une conversation avec Bonasera, un homme qui vient lui demander de tuer ceux qui ont failli violer sa fille.

BONASERA
Que voulez-vous de moi ? Je vous
donnerai ce que vous voudrez, mais
faites ce que je demande !
DON CORLEONE
Et que dmandez-vous donc, Bonasera ?
BONASERA
(chuchotte à l'oreille de Don)
DON CORLEONE
Non. Vous allez trop loin.
BONASERA
Je ne demande que justice
DON CORLEONE
La Cour vous a rendu justice.
BONASERA
Oeil pour oeil, dent pour dent !
DON CORLEONE
Mais votre fille est toujours en vie.


Grâce à cet échange au début du film, nous sommes en mesure de voir précisément le moment où Michael passe du "côté obscur". On voit et on comprend comment quelqu'un peut être séduit par ce monde terrible. L'ange a chu.

Comme la scène avec Bonasera et Don Corleone est la première du film, la chute de Michael devient de l'"encre invisible". Les spectateurs n'ont aucune idée que cette première scène va leur permettre de comprendre le reste du film. Comme toutes les formes d'encre invisible, ce procédé fonctionne à un niveau inconscient.
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 16 Aoû 2013 - 19:51

merci :)

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 16 Aoû 2013 - 19:52

toujours de la balle merci infiniment!!!
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Ven 16 Aoû 2013 - 21:03

zsderftfed 

Montrez-leur une fois afin qu’ils sachent

Ceci est un super outil narratif. En plus de ça, il est presque toujours indécelable pour les spectateurs.

Dans une scène de La Reine africaine, le bateau des personnages principaux est pris au piège dans un banc de sable. Le personnage d’Humphrey Bogart doit descendre du bateau et aller dans l’eau pour tirer l’embarcation à la main. Incapable de libérer le bateau, il remonte à bord, et quand Katharine Hepburn remarque que Bogart est couvert de sangsues, Bogart se met à paniquer. Il a une peur bleue des sangsues, il déteste ça, et il tremble d’horreur. On voit qu’il est vraiment secoué par cet événement.

Peu après avoir enlevé les sangsues, les personnages se rendent comptent qu’ils n’arriveront jamais à libérer le bateau en restant à bord. Il n’y a pas d’autre solution : Bogart doit essayer une nouvelle fois de tirer le bateau à la main. Ça veut dire qu’il doit retourner dans l’eau… On ressent sa terreur lorsqu’il comprend que c’est le seul et unique moyen de s’en sortir.

Quand Bogart s’engage dans l’eau, on réalise à quel point il est brave et courageux. On sait qu’il est en train d’affronter un obstacle particulièrement grand pour lui. On peut se rendre compte de sa bravoure grâce à la scène précédente, où on a vu sa terreur.

Cette forme d’ « encre invisible » peut être utilisée de différentes manières.

Rencontres du Troisième type est un film dans lequel les OVNIs sont une réalité. Voici une célèbre scène du film :

C’est la nuit et Richard Dreyfuss est dans sa camionnette, perdu. Il s’arrête en plein milieu de la route pour consulter sa carte routière. Derrière lui, on voit des phares se rapprocher. Dreyfuss regarde dans le rétro et fait signe à la voiture de passer. La voiture contourne la camionnette de Dreyfuss et continue son chemin.

Très peu de temps après, la scène se répète – presque de la même manière. Dreyfuss est arrêté au milieu de la route et est en train de regarder sa carte routière. Des phares se rapprochent de sa camionnette. Sans lever les yeux de sa carte, Dreyfuss fait signe à la voiture de passer. Mais cette fois, les phares derrière lui se mettent à s’élever dans les airs. C’est une scène qui fait froid dans le dos.

Ça marche tellement bien : comme on a vu la première paire de phares se comporter de manière normale, on a quelque chose à quoi comparer la deuxième paire. On a une comparaison entre ce qui est normal et ce qui est bizarre. C’est un bout de narration très ingénieux.

Ce qui est intéressant, c’est que la plupart des gens oublient la première paire de phares ; c’est pourtant grâce à elle que la seconde paire nous apparaît comme étrange et fantastique.

Spielberg utilise le même procédé dans le premier Jurassic Park.

Comme il sait que la vision du T-rex est basée sur le mouvement, le personnage de Sam Neil lance un fumigène loin de la voiture des enfants que le dinosaure tente de dévorer. En faisant ça, Sam Neil espère que le T-rex va suivre la fumigène et s’éloigner de la voiture. Et ça marche.

Peu après, le personnage de Jeff Goldblum essaye de faire la même chose. Il agite le fumigène pour attirer l’attention du T-rex. Le T-rex se met alors à poursuivre Goldblum. Alors, Goldblum lance le fumigène loin de lui, s’attendant à ce que T-rex le suive – mais il n’en est rien. Le T-rex ne se laisse pas distraire et continue de courser Goldblum. Oh-oh.

Ça crée direct de la tension chez les spectateurs, parce qu’on sait ce qu’il était censé se produire, et on voit comment ça ne se passe pas comme prévu.

Pixar a aussi utilisé cette forme d’encre invisible, notamment dans Le Monde de Nemo. Le poisson Gil a un plan pour les faire échapper de l’aquarium dans lequel ils sont coincés. Tandis qu’il dévoile son plan aux autres poissons, les réalisateurs nous montrent exactement comment le plan est censé se dérouler. Ainsi, plus tard, quand le plan tourne mal, les spectateurs savent exactement où et comment il a déraillé.

Ce procédé crée une merveilleuse anxiété chez les spectateurs. Ils se rongent les ongles, la respiration haletante, tandis qu’ils assistent au déroulement du plan. Est-ce qu’ils vont réussir ? Est-ce que ça va marcher ?

Quand j’étais petit, je lisais de nombreux livres et magazines sur les effets spéciaux. Quand ils montraient la photo d’une miniature ou d’une maquette, ils plaçaient toujours une pièce de vingt centimes à côté – ou un autre objet de la sorte – afin que le lecteur puisse se faire une idée de la taille réelle de la miniature. On pouvait voir à quel point le modèle était petit en le comparant à la taille d’une pièce de monnaie, un objet que l’on connait tous.

Ça ressemble un peu à la manière dont sont utilisés les deux premiers cochons dans Les trois petits cochons. C’est grâce à l’échec des deux premiers cochons que l’on peut mesurer la victoire du dernier. On a une échelle, en quelque sorte – des choses que l’on peut comparer.

Grâce à ce procédé, on se rend compte à quel point il est étrange et inhabituel de voir une paire de phares s’élever dans les airs au lieu de contourner la camionnette.
On se rend compte que Jeff Goldblum est dans un vrai pétrin avec le T-rex, parce que son plan ne s’est pas déroulé comme prévu.

Cette forme d’encre invisible est souvent ignorée par les jeunes raconteurs d’histoires. Ceux-ci sont généralement tentés d’aller direct au troisième petit cochon en espérant que les spectateurs comprendront. Eh bien non, ils ne comprendront pas.

L’ « encre invisible », c’est l’art de communiquer clairement avec vos lecteurs/spectateurs, et leur faire penser et ressentir ce que vous avez l’intention de leur faire penser et ressentir, afin qu’ils puissent se plonger aisément dans votre histoire.
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Dim 18 Aoû 2013 - 18:38

Celle-ci est tirée de Ink Spots, mais comme toutes les trad', est disponible sur le blog d'Invisible Ink.


Comment être original

L’une des questions qui revient le plus souvent lors de mes cours est le problème de l’originalité. Les gens se demandent comment ils peuvent être originaux s’ils se contentent de suivre des principes de structure et d’écriture utilisés depuis la nuit des temps.

Quand les gens me disent des choses pareilles, j’ai le sentiment qu’ils sont beaucoup plus intéressés par la gloire et le succès que peut apporter une activité créatrice, que par le travail qu’une telle activité requiert. Ils s’imaginent déjà sur le tapis rouge, devant leurs fans surexcités et les journalistes. Tout ça sans même prendre la peine de commencer par apprendre leur métier. Pour ces gens-là, le fait d’être bon et compétent est relégué au second rang ; ce qui compte, c’est d’être considéré comme un génie et de vivre une existence à la Andy Warhol.  Ils pensent, à tort, qu’en s’efforçant de créer une œuvre nouvelle, différente, originale, ils seront admirés par tout le monde.

J’ai écrit des histoires dont beaucoup de gens m’ont dit qu’elles étaient « originales ». Je peux vous assurer que ce n’était pas mon intention du tout, loin de là. Je souhaitais simplement faire du bon travail, en suivant l’exemple de ceux qui sont passés avant moi. Si Chaplin ou Hitchcock ou Wilder – ou Jim Henson, Bruce Lee, Chuck Jones, John Ford ou n’importe lequel de ces maîtres – disent de ne se soucier que de la qualité, alors je suis leur conseil à la lettre.

Mon but, c’est de toujours faire du mieux que je le peux. Je souhaite communiquer clairement avec mon public, les entraîner dans mon histoire, et les toucher, d’une manière ou d’une autre. Je n’ai aucune honte à employer des outils qui ont fait leurs preuves depuis des lustres. D’après tout ce que j’ai pu lire, je me suis rendu compte que ceux qui maîtrisent leur sujet ne cherchent en réalité qu’à faire une seule chose : faire du mieux possible. Faire du bon travail, c’est déjà assez dur comme ça, alors vouloir à tout prix sortir du lot, je vous raconte pas.

Vous avez probablement entendu dire de nombreuses fois combien l’histoire d’Avatar ressemble à celle de Danse avec les loups. Oui, ces deux récits ont des similarités. Mais le fait est qu’il n’y a pas une histoire qu’on ne puisse relier, tout ou en partie, à une source antérieure.

Le berceau de Moïse a été mis à l’eau afin d’épargner la vie de l’enfant. Plus tard, il fut adopté par des étrangers et devint un véritable héros – tout comme Superman.
Zorro et Batman sont les mêmes : tous deux sont des hommes riches qui combattent le mal. Peu importe l’histoire que vous écrivez, il y aura toujours quelqu’un qui en a déjà fait une version. Croyez-moi.

Il n’y a vraiment rien de nouveau, en fait. Certaines histoires peuvent paraître différentes pour le spectateur inexpérimenté, mais la réalité, c’est que les humains n’ont pas une quantité infinie d’émotions, de préoccupations et de besoins. On a besoin de nourriture, d’un toit, et d’amour. On doit tous vivre selon une certaine forme de gouvernement. On doit tous combattre nos propres démons.

Ainsi, il n’y a pas de nouveaux problèmes dans les histoires de nos jours – seulement, ce sont les mêmes problèmes, mais présentés, déguisés différemment.

Il existe un vieux mythe américain qui parle d’un homme qui déclare la guerre à une grosse machine à vapeur censée creuser un tunnel sous la montagne. Cette histoire vient d’une peur commune qu’avaient les gens à la fin du 19ème siècle : celle qu’ils puissent un jour être remplacés par des machines. Depuis que nous avons commencé à les utiliser, nous avons toujours eu une étrange relation avec les machines. On les construit afin qu’elles nous facilitent la vie, mais ensuite, on craint qu’elles puissent un jour prendre notre place. Le film Terminator traite précisément de ce sujet. Il est juste présenté de manière différente, avec des robots, des armes à feu et tout ça.

Voici la clé pour être original : contentez-vous de faire du bon travail et soyez honnêtes envers vous-même. L’originalité est souvent associée à l’idée du style. Le légendaire auteur de BD Will Eisner affirmait que le style, c’est le résultat de comment on résout des problèmes. Ce n’est pas quelque chose que vous devez vous imposer ou que vous devez inventer.  Le style, c’est quelque chose de naturel qui vient de vous, parce que vous êtes unique.

C’est incroyable de voir ce qui se passe quand on cesse de se soucier d’être original. Vous respirez plus facilement et pouvez vous concentrer sur ce qui compte vraiment : faire le meilleur travail possible.

Si vous faites du bon travail et racontez des histoires qui vous tiennent à cœur (et si vous instillez vos histoires avec des thèmes qui vous sont chers), alors, parfois, vous vous rendrez compte que vous avez trouvé un nouveau moyen de combiner des idées déjà existantes ; mais seulement dans un sens  qui sert votre propos et qui provient de la manière dont vous seul résolvez les problèmes. L’originalité n’est pas un but que l’on se fixe ; c’est seulement ce qui arrive quand on fait du super travail.

Il n’y a qu’un seul vous, vous êtes unique. L’originalité vient de là, tout simplement. Maintenant que vous avez compris ça, souciez-vous  de faire du bon travail, et laissez l’originalité en découler naturellement, sans vous en préoccuper.
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Dim 18 Aoû 2013 - 18:44

merci encore un article de ouf!!
j'ajouterai pour completer que l'originalité vient de la BONNE connaissance qu'on a de son sujet (cf mc kee) cad que pour eviter les clichés il faut justement avoir une bonne connaissance de son sujet pour aller au dela des idées reçues, de maniere naturelle

etre original c pas choisir un sujet original c'est avant tout se le REAPPROPRIER

mon exemple de l'enfant des années 50 marche tres bien encore ici : le plus souvent quand un jeune dessineux doit dessiner des enfants qui jouent, il les represente selon l'imaginaire que lui ont procurés ses bd d'enfance, cad une france bien franchouillarde telle "le petit nicolas" etc, et non selon SON PROPRE VECU d'enfant des années 80/90  avec la mixité sociale et les apports culturels et technologiques qui vont avec


c pareil pr tout les sujet meme ceux ou vous n'avez pas de vecu en commun a priori, vous devez les etudier de tres pres puis vous les reaproprier via votre propre sensibiltié vecu maturité , faites vous confiance mais ne vous reposez pas sur les clichés des autres, partez de la si vous voulez mais n'y restez pas, reinterpretez les



dsl de repeter le meme exemple mais il est simple d'acces et ainsi il a plus de chance d'etre entendu!
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Dim 18 Aoû 2013 - 20:17

C'est marrant c'est ce qu'il dit aussi dans le deuxième article que j'ai traduis :) mais en plus poussé.

C'est un truc que je répète assez souvent aux gens en ce moment, merci de partager franchement c'est l'"A"rticle à partager. Il est tellement clair là-dedans, ça m'en fout encore un coup.

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 0:53

Ouais j'avoue Sovelis ça rejoint ta traduction. =)

Voici une nouvelle trad', tirée encore une fois de Ink Spots.


Le pouvoir du héros réticent


« Le courage, ce n’est pas l’absence de peur, mais plutôt le fait d’être conscient qu’il y a autre chose de plus important que la peur » - Ambrose Redmoon

« Le courage, c’est la résistance face à la peur, la maîtrise de la peur, et non l’absence de peur. » - Mark Twain


Combien d’entre vous n’éprouvez jamais de peur ? Je veux dire, n’y a-t-il rien qui vous fasse peur, l’altitude, le fait de parler en public, les serpents, etc ? Vraiment rien ?

Ce que je crois, c’est que nous avons tous quelque chose que nous n’osons pas faire, ou ne pas affronter. Nous avons tous nos peurs. Et ces peurs peuvent être un excellent point de départ pour la construction de nos histoires.

Je vois trop souvent des films où le héros agit tout feu tout flamme, peu importe la situation dans laquelle il se trouve. Il arrive, confiant, sort une raillerie, un clin d’œil, un sourire, avec des one-liners tels que « C’est l’heure du spectacle », « Au boulot » ou encore « Ça va chauffer ». Rien ne lui fait peur.

Bien sûr, ce genre de lignes de dialogue peuvent parfois faire rire ou booster le spectateur, mais c’est un procédé un peu cheap. Un héros intrépide sonne un peu faux, et n’est pas aussi admirable que quelqu’un qui parvient à surmonter ses peurs. C’est en faisant face à ses peurs que l’on devient un véritable héros.

Le héros réticent est un vrai héros, tandis que le héros sans peur ressemble à un personnage de dessin-animé. L’ironie veut qu’un personnage qui a des peurs, mais qui a la force de les confronter, semblera plus réel aux yeux des spectateurs, et ce même si le personnage en question est justement un perso cartoon.

Prenez Le Monde de Nemo, par exemple. Le père, Marin, a horriblement peur de l’océan et des dangers qu’il représente ; mais quand il perd son fils Nemo, il trouve le courage de faire face à ses peurs, et finit par les surmonter.

Dans Aliens, Ripley redoute de se retrouver face à face avec des aliens. Elle sait à quel point ils sont dangereux. Tous ses coéquipiers ont été tués – tués par un seul et même alien. Si j’étais à la place de Ripley, je serais mort de peur, moi aussi. Pas vous ? Pourtant, elle parvient à conquérir sa peur et finit par tuer le gros monstre à la fin.

Ceux d’entre vous qui avez lu les travaux de Joseph Campbell ou de Chris Vogler êtes certainement familiers du terme « Refus de l’appel ». C’est le moment qui, dans le Voyage du Héros, fait directement suite à l’Appel de l’Aventure.

Beaucoup de gens apprennent par cœur ces étapes du Voyage et les suivent à la lettre quand ils écrivent leurs propres histoires, mais ils se demandent rarement pourquoi elles existent au premier abord. Personnellement, je crois que ces différentes étapes du Voyage du Héros renvoient à la vraie vie. Combien de fois, lorsqu’on vous a demandé ou proposé de faire quelque chose, vous êtes-vous retrouvés paralysés par la peur à l’idée de passer à l’action ? Il est toujours plus facile de continuer à vivre dans sa petite routine, avec autour de soi des choses que l’on connaît et dont on a l’habitude, que de sortir de ce qu’on a l’habitude de faire. Le changement, ça fait toujours peur.

Ça me rappelle quand j’étais petit, quand mon père a voulu me retirer les petites roues de mon vélo. Évidemment, j’ai protesté, et j’avais tellement peur que j’ai pleuré. Mais mon père était convaincu que je pouvais à présent rouler sans l’aide de ces petites roues, donc il les a enlevées. Il s’est approché de moi, m’a positionné en équilibre sur le vélo, puis m’a accompagné pendant quelques mètres pour ne pas que je tombe. Quand j’ai levé les yeux pour le regarder, il n’était plus là ! Il était debout, loin, loin derrière moi. Je pédalais tout seul, comme un grand. Mon père me faisait de grands sourires, fier de moi. Et moi aussi, j’étais fier de moi. J’ai été réticent au début, mais j’ai fini par affronter ma peur et la surmonter.

Je ne suis pas en train de dire que j’ai été héroïque en apprenant à pédaler, mais les étapes par lesquelles je suis passé, émotionnellement parlant, renvoient directement aux mythiques étapes du Voyage du Héros. Je suis convaincu que vous pouvez sans trop de problème vous souvenir d’une expérience similaire dans votre vie.

Peut-être avez-vous eu peur de commencer un nouveau job, ou peur des conséquences d’une promotion. Peut-être était-ce une peur de devenir papa ou maman. Ou d’une nouvelle relation amoureuse. Ou d’avoir eu à mettre fin à une relation amoureuse. Peut-être êtes-vous réticent à l’idée de commencer l’écriture de votre nouveau roman ou scénario. Bref, vous avez compris.

Un héros réticent est un héros réaliste, vrai, conforme à la vie réelle. Il affronte la vie comme nous le faisons tous : en effet, nous sommes souvent réticents à l’idée de quitter le monde que l’on connaît pour ce qui nous est dangereux et inconnu.

Créer un héros réticent, c’est créer un personnage auquel les spectateurs peuvent s’identifier. Je ne sais pas vous, mais perso je n’aimerais pas me retrouver au beau milieu d’un nid d’aliens tueurs d’hommes. Ce qui rend Ripley héroïque, c’est précisément sa peur. C’est cette peur qui donne à l’histoire sa force et en fait un récit digne d’être raconté. Grâce à cette histoire, nous, spectateurs, prenons conscience qu’on peut très bien conquérir nos peurs, à partir du moment où on est assez courageux pour les affronter.

Dans Les dents de la mer, le chef Brody a peur de l’eau, mais il doit à tout prix la surmonter pour tuer le requin qui terrorise sa ville. Sa dernière ligne de dialogue est : « Et dire que je détestais l’eau… ». Comme moi avec mon vélo, il a fait face à sa peur et l’a conquise.

Ce week-end, j’ai vu Le discours d’un roi, un film qui raconte l’histoire d’un bègue qui parvient à affronter et conquérir sa peur de parler en public. La façon dont l’histoire est racontée le fait apparaître comme un personnage admirable et héroïque. Dans la salle, les gens applaudissaient. Comme mon père en train de me regarder pédaler, les spectateurs étaient fiers de lui et admiraient son courage. Tout au long du film, ils l’ont encouragé. Ils se sont attachés à lui.

N’oubliez jamais le pouvoir du héros réticent. C’est un moyen infaillible pour amener les gens à bien rentrer dans votre histoire. Cette réticence rend les actes héroïques encore plus héroïques, et rend les héros plus humains. Ça rend votre histoire universelle.
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 0:56

Merci pour toutes ces trads, c'est vraiment génial :)

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 0:57

argh c trop de la baaaalle!!! merci!!!

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 1:40

Quand il est lancé il s'arrête plus haha, merci

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 1:45

lol je viens de voir que t'avais un twitter de barge aussi ^^ https://twitter.com/quentinlebegue
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 1:49

haha sovelis, ouais, j'ai mis à profit le long week-end de quatre jours ;)

pour le twitter ouais, je l'utilise principalement pour suivre des gens dans l'anim', cinéma, storytelling tout ça tout ça, y'a des liens bien cools des fois
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 19 Aoû 2013 - 23:34

Ce moment génial ou la vie devient plus simple :)
Merci beaucoup pour toutes ces trads, c'était tres enrichissant à lire !

La dernière des trads, qui parle du voyage du héro m'a fait penser à un article qui met en garde (comme Mcdonald rapidement dans cette trad) contre les "recettes scénaristiques", tout ca pour souligner je pense qu'utiliser les ressorts scénaristiques en vigueurs depuis des millénaires n'est pas une mauvaise chose au contraire, mais n'exclu pas de se poser la question de pourquoi on les utilise.

http://www.slate.fr/story/75812/recette-blockbuster-pourquoi-tous-films-americains-se-ressemblent

Merci encore :]!!

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mar 20 Aoû 2013 - 2:13

Merci pour le lien Sitsou !

Une autre trad' pour ce soir :


Une leçon de la part de Paddy Chayefsky

« Quand vous demandez à un auteur de quoi parle son histoire et qu’il vous donne l’intrigue, c’est que quelque chose de va pas » - une citation paraphrasée de Sydney Pollack

Dans les années 1950, Paddy Chayefsky a fait un carton en signant le scénario du téléfilm Marty; un tel carton que Marty est devenu un film et a fini par remporter un Oscar.

Chayefsky a écrit de nombreuses et très bonnes œuvres pour la télévision, le cinéma et le théâtre. Il était connu pour créer des histoires intelligentes qui parvenaient à toucher les spectateurs. Il a eu une influence incontestable sur l’art et la culture – une influence qui se ressent encore aujourd’hui.

Si vous voulez vraiment vous rendre compte à quel point il était intelligent, allez acheter un exemplaire de The Collected Works of Paddy Chayefsky : The Television Plays, un livre génial dans lequel il dissèque sa façon de travailler. Vous en apprendrez des tonnes.

Dans les années 1980, je découvrais à peine ce nom, Chayefsky. J’entendais souvent des adultes citer des répliques de Marty : « Qu’est-ce que tu veux faire ? » « Je sais pas… et toi, qu’est-ce que tu veux faire ? ». Je vous assure, ces répliques étaient célèbres – vous devez voir le film pour comprendre.

A 15 ans, je n’avais encore vu ni Marty ni Network, l’autre film phare de Chayefsky. Mais en 1980, on ressortit au cinéma un autre de ses films, Altered States. Et ce film m’a bouleversé. Je n’avais encore rien vu de pareil (c’était l’année où je dépensais la plupart de mon argent sur L’Empire contre-attaque, et ce jour-là j’avais décidé de changer un peu).

Ce qui m’a frappé dans Altered States, c’était combien l’histoire paraissait réelle. De nos jours, elle peut paraître un peu datée, mais à l’époque, en regardant le film, on avait vraiment l’impression de se trouver dans le monde réel.  Et ça, c’était une marque de fabrique chez Chayefsky. C’est grâce à son talent dans ce domaine qu’il parvenait à faire de simples répliques comme « Qu’est-ce que tu veux faire ? » des répliques cultes.

Altered States raconte l’histoire d’un scientifique qui recherche la Vérité une et totale (en ingérant des drogues hallucinogènes, tout seul, enfermé dans une chambre d’isolation) et finit par déclencher une réaction qui le transforme peu à peu en une sorte de prototype humain.

Il y a aussi dans ce film plein de séquences de trips acidulés complètement ridicules, des séquences que Chayefsky détestait à tel point qu’il a demandé à ce qu’on retire son nom du générique. Elles étaient déjà ridicules à l’époque, alors imaginez maintenant…

Mais mis à part ces détails, le reste de l’histoire m’a vraiment intrigué, alors je me suis mis à lire tout ce que je pouvais sur Chayefsky. Un jour, je suis tombé sur une interview où il affirmait qu’au fond, Altered States n’était rien de plus qu’une histoire d’amour. Hein, quoi ? Ça ne faisait aucun sens selon moi. Alors je me suis forcé à revoir le film, encore et encore, en essayant de comprendre de quoi il parlait.

Lorsque j’eus regardé le film un assez grand nombre de fois pour outrepasser le concept et les effets « cools », j’ai pu enfin voir clairement l’histoire et de quoi Chayefsky voulait parler. En fait, Altered States est l’histoire d’un homme qui ne sait pas aimer. A la fin du récit, il apprend à aimer et à apprécier les valeurs de l’amour. C’était ça, la raison numéro un. Voilà la raison pour laquelle Chayefsky a voulu raconter cette histoire et pas une autre.

Pour moi, cette révélation a tout changé. J’ai appris que peu importe ce à quoi un film ressemble en surface, peu importe la coolitude du concept, il devrait y avoir une histoire profondément humaine en son cœur.

Ainsi, quand j’ai revu Les dents de la mer, j’ai su que ce n’était pas une simple histoire de requin, mais une histoire à propos d’un homme qui doit apprendre à faire face à ses peurs, et à les conquérir en les affrontant.
Et quand j’ai vu E.T., j’ai su que ce n’était pas seulement l’histoire d’un garçon et d’un extraterrestre, mais celle d’un petit garçon qui doit apprendre à se soucier des autres. La grande majorité des histoires qui touchent les gens ont une morale profondément humaine en leur cœur.

Vous trouvez peut-être  ça évident, mais la réalité, c’est que je vois rarement des films être faits de cette manière de nos jours. Si tant bien c’est le cas, c’est juste une excuse pour mettre en valeur le « concept ultra cool », au lieu d’être la raison principale pour laquelle l’histoire est racontée. Au fil des siècles, tous les meilleurs storytellers ont utilisé cette méthode, d’Esope à Jonathan Swift, de Gene Roddenberry à Paddy Chayefsky.

La citation de Sydney Pollack, au début de cet article, illustre parfaitement cette idée : ce qui est important dans une histoire, ce n’est pas tant ce qui se passe que pourquoi ça se passe. Pourquoi voulez-vous raconter cette histoire et pas une autre ? Voilà ce dont parle vraiment votre histoire.

Ceux qui s’opposent à cette méthode pensent qu’en agissant ainsi, on prend le risque de rendre son histoire banale et moralisatrice. Mais le but de la dramaturgie est de démontrer, de dramatiser une idée. Ça signifie, par exemple, que faire face à nos peurs nous permet de les conquérir, comme le démontrent Aliens et Les dents de la mer.  Démontrer une idée sous la forme d’une histoire permet aux spectateurs de tirer leurs propres conclusions et de leur éviter de se sentir faire la morale.

De nos jours, je vois trop peu de films qui savent vraiment de quoi ils parlent. La plupart du temps, ils mettent l’accent sur leur « super » intrigue, ou leur « concept de folie ». Mais rien n’empêche ces réalisateurs de mettre un concept cool au service d’une histoire qui veut vraiment dire quelque chose !

Si vous n’avez pas l’habitude de travailler de cette manière, je vous encourage à le faire. Ça permettra à vos histoires d’acquérir une dimension émotionnelle et thématique supplémentaire. Et si ça marche, vous pourrez remercier Paddy Chayefsky.
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mar 20 Aoû 2013 - 8:40

festival de la trad!! merciiiiii
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mar 20 Aoû 2013 - 21:56

Ma médiocre pièce de théâtre et ce qu’elle m’a appris


« Faites en sorte de ne jamais ennuyer votre public. » - Billy Wilder

Quand j’étais en 4ème, j’étais un fan absolu de Star Trek. A cette époque, il n’y avait ni film ni Next Generation, seulement la série originale et le dessin animé. Cette série a eu et continue d’avoir une grande influence sur mon travail.

Lors d’un cours de dramaturgie, on nous avait demandé d’écrire une courte pièce de théâtre et de la jouer ensuite devant nos parents.

Comme vous vous en doutez, j’ai décidé d’écrire un épisode de Star Trek. Et j’ai eu tellement de plaisir à le faire ! J’étais là, libre de créer des situations et des dialogues avec ces personnages que j’aimais tant. J’ai pondu le scénario en un rien de temps ; ça a été tellement facile, tellement génial à écrire.

J’ai fait lire le script à mes camarades et ai commencé à leur répartir les rôles. Bien entendu, je m’étais réservé le rôle du capitaine Kirk.

Nous avons commencé les répétitions : voir le scénario prendre vie était une expérience encore plus amusante que l’écriture.

Le jour J pointa bientôt le bout de son nez ; il était temps de jouer la pièce devant nos parents. On avait mémorisé nos répliques et on portait nos super costumes rétro des années 60. On attendait dans les coulisses, impatients de rentrer sur scène et de partager notre excitation avec les gens dans les gradins.

L’heure arriva. Le rideau s’éleva et on commença à jouer la pièce, que je considérais comme le meilleur épisode de Star Trek qui ait jamais existé.

On donnait vraiment le meilleur de nous-même. Mais on s’amusait aussi énormément. Comment pouvez-vous ne pas éprouver du plaisir à jouer le capitaine Kirk, à être sur scène et à vous prendre pour vos personnages préférés ?

C’est alors que ça arriva : dans la foule, je vis l’un des papas dodeliner de la tête. Il s’efforçait de rester attentif et éveillé, mais c’était trop dur pour lui. Sa tête n’arrêtait pas de s’abaisser, lentement, jusqu’à ce que son menton touche sa poitrine. Par moments, il se redressait d’un coup, les yeux grands ouverts, mais bientôt sa tête de nouveau s’abaissait.

Tout ce qui me vint à l’esprit fut : Comment diable peut-il s’ennuyer à ce point ? La pièce avait été un tel plaisir à écrire, un tel plaisir à jouer, qu’il m’était impensable que ça ne puisse pas être aussi un plaisir à regarder.

Cette nuit-là, j’ai appris une leçon très importante. Avoir du plaisir à écrire une histoire ne garantit pas qu’elle sera un plaisir à regarder pour vos spectateurs.

J’ai eu la chance d’apprendre cette leçon très jeune. Car certaines personnes ne l’apprennent jamais. Elles se retrouvent plongées dans leurs histoires et leurs univers à un point tel qu’elles en oublient leur public et le relègue au second rang. Il y en a même qui ont tendance à jeter le tort sur leur public, en disant des choses du genre : « Ils ne sont pas assez intelligents pour comprendre » ou encore « Je suis en avance sur mon temps ».

Penser de cette manière ne vous aidera pas à vous améliorer. Vous ne serez pas reniés si vous vous efforcez de communiquer clairement avec vos spectateurs. On dirait que c’est devenu un crime artistique de vouloir à tout prix s’exprimer clairement à son public. Certains pensent que c’est un signe de faiblesse. Ils disent qu’agir ainsi, c’est se rabaisser, se mettre au niveau de la populace. Ces gens-là ont tendance à penser qu’un film ennuyeux et compliqué est meilleur que ceux qui parviennent à créer des émotions chez les spectateurs. Pour eux, voir des gens sortir du film en se grattant la tête d’incompréhension, c’est la plus belle des formes d’art.

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens pensent qu’il faut du talent pour embrouiller ou ennuyer les spectateurs. Si c’était le cas, alors j’ai maîtrisé l’art du scénario dès mon premier essai. Si c’était le cas, alors ce papa dans la foule est la preuve irréfutable de mon jeune génie.

Le truc, c’est qu’il est vraiment très difficile de se faire comprendre. Il y a quelques années, alors que je me trouvais à une séance de dédicaces d’un roman, quelqu’un a demandé à l’auteur pourquoi elle n’écrivait pas plus de livres. L’auteur a répondu : « Il faut du temps pour écrire quelque chose qui est facile à lire ».

A chaque fois que je mets au travail pour écrire, je pense à ce papa dans la foule, luttant de toutes ses forces pour rester éveillé. Ça me permet de rester honnête avec moi-même. Ça m’évite de devenir trop complaisant. Ça me force à toujours, toujours penser à mes spectateurs. J’essaie de voir mes histoires à travers leurs yeux, je me mets constamment à leur place.

Je ne suis pas en train de dire que je n’ai jamais été ennuyeux ; je dis juste que j’essaie de toutes mes forces de ne pas le devenir.

Je vous souhaite à tous de vous trouver un jour devant un public et de constater que votre précieuse histoire les ennuie profondément. Ça a été pour moi une expérience douloureuse et embarrassante, mais je suis tellement content que ça me soit arrivé !
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mar 20 Aoû 2013 - 22:06

Citation :
. On dirait que c’est devenu un crime artistique de vouloir à tout prix s’exprimer clairement à son public. Certains pensent que c’est un signe de faiblesse

A TATOUER SUR VOTRE FRONT :)

je sais plus comment te remercier kwentin :)
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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Mer 21 Aoû 2013 - 10:59

Citation :
Je vous souhaite à tous de vous trouver un jour devant un public et de constater que votre précieuse histoire les ennuie profondément.
T_T

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Dim 25 Aoû 2013 - 20:39

iyutedgdg iyutedgdg iyutedgdg 


c'est super instructif, j'en veux plus !
j'étais vraiment a l'ouest dans l'idée de raconter une histoire !! (en même temps je me posais vraiment aucune questions!)

un énorme merci pour ces trads !!!

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MessageSujet: Re: Invisible Ink de Brian McDonald   Lun 26 Aoû 2013 - 16:08

Eh oui c'est tellement fou le storytelling ! Voici une autre traduction pour le coup ^^ :


Le meilleur conseil d'écriture que j'ai jamais reçu

Il y a très longtemps, lorsque j'étais encore adolescent, je suis allé à une convention de science-fiction à Seattle. Ce devait être en 1978 ou 1979. A cette époque, seuls les fans et les geeks les plus hardcores, ceux qui se trouvaient en marge de la société, fréquentaient ce genre de conventions. Il n'y avait pas, par exemple, de stars de cinéma. La personne la plus connue à cette convention de Seattle était l'acteur qui jouait le rôle de Boomer dans la série originale de Battlestar Galactica.

Parmi les gens présents se trouvaient quelques auteurs de comics. Et c'était pendant l'un de leurs panels que j'ai reçu mon meilleur conseil d'écriture à ce jour.

En réaction au pitch d'une histoire d'un membre du public, l'un des auteurs (je ne me souviens plus trop qui), a répondu : "Si vous avez une histoire de Batman et que vous pouvez la changer en une histoire de Superman, alors c'est que vous n'avez probablement pas une très bonne histoire de Batman."

Voilà. Voilà le fameux conseil. Un conseil que j'utilise constamment, dès que je me mets à écrire.

Certains d'entre vous pensent peut-être que ce conseil n'a rien de spécial, qu'il est trop simpliste. Mais c'est l'une des erreurs que je rencontre le plus souvent chez les auteurs. Celle de ne pas créer une histoire spécifique au personnage, de ne pas créer une histoire qui ne puisse marcher qu'avec votre personnage et sa personnalité - et pas un autre. Ça parait être un conseil simple, mais peu de gens savent l'appliquer.

En premier lieu, vous devez comprendre qu'intrigue et personnage sont liés. Ils sont une seule et même chose - l'un ne peut exister sans l'autre.

Le terme "character driven" est souvent utilisé pour décrire une histoire qui n'a pas de réelle intrigue et qui n'est qu'une simple observation de la vie des gens. Pas étonnant que ce genre d'histoire soit peu populaire et ennuyant pour la plupart des gens : rien ne s'y passe.

A l'autre bout, il y a le genre d'histoires où les personnages sont justes "balancés" autour d'une intrigue. Des choses leur arrivent, mais c'est tout, ils agissent comme des pantins - personnages et intrigue ne sont pas vraiment liés. Des histoires comme ça peuvent réussir à nous emballer, certes, mais elles n'ont sur nous que très peu d'impact émotionnel.

C'est la combinaison personnage/intrigue qui fait la qualité d'une histoire. On ne peut pas, dans Hamlet par exemple, retirer le personnage de Hamlet et le remplacer par le Roi Lear. Ces personnages et ces intrigues sont fermement liés, ils forment une seule entité.

Dans Le Monde de Nemo, Marin est un père surprotecteur qui a peur de l'océan et des dangers qu'il représente. Que lui arrive-t-il ? Eh bien, sa nature surprotectrice pousse son fils Nemo à prendre des risques - des risques qu'il n'aurait pas pris en condition normale - et à cause de ça, Nemo se fait capturer. Marin doit maintenant faire face à ses peurs et tenter de retrouver son fils dans le vaste océan.

Vous voyez comme le personnage est totalement solidaire de l'intrigue ? Ces deux éléments, personnage et intrigue, ne sont pas des choses que l'on peut séparer.

Les personnages créent l'intrigue à travers leurs actions et leur absence d'action. Et ces actions sont motivées par les espoirs, les peurs, les forces, les faiblesses, les amours, les haines ou les insécurités de ces personnages. C'est par la manière dont vos personnages affrontent ou non ces sentiments que se crée votre intrigue.

Dans Le Magicien d'Oz, Dorothy n'est pas seulement une fille qui, simplement, attérit dans un pays lointain à cause d'une tornade. Non, c'est une fille qui rêve d'une vie loin de sa ferme natale. Elle désire ardemment aller loin de chez elle. Et c'est cette Dorothy là qui se retrouve enlevée par la tornade et emmenée loin de chez elle. Ce n'est qu'à la fin de l'histoire qu'elle se rend compte qu'elle veut retourner chez elle à tout prix. Ici encore, donc, intrigue et personnage sont liés.

Quand vous écrivez, demandez-vous : "Pourquoi CE personnage pour CETTE histoire ?" Assurez-vous que l'un ne peut exister sans l'autre. Assurez-vous qu'on ne peut pas remplacer votre personnage par un personnage quelconque qui aurait un caractère et une personnalité complètement différents. Le personnage et l'intrigue sont le corps et l'âme des histoires, le yin et le yang. Assurez-vous que vous n'avez pas une histoire de Batman que vous pouvez facilement changer en une histoire de Superman.

Si vous suivez ce conseil, la qualité de votre travail s'en ressentira et vous parviendrez à toucher plus de gens.


Dernière édition par kwentin le Lun 26 Aoû 2013 - 18:58, édité 1 fois
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